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« Se battre pour la dignité » - interview Gilles Navarro
« Viser le respect ». Laurence Fischer, triple championne du monde de karaté, septuple championne d’Europe, un décuple championne de France, a obtenu le respect de son milieu en se forgeant un palmarès exceptionnel sur les tatamis. « Viser le respect », c’est aussi un slogan cher à Egal Accès, fonds de dotation à l’origine de la création de Merci le Sport. Laurence Fischer, qui a été pendant trois ans ambassadrice pour le sport aux Ministères des Affaires étrangères, nous explique les rouages de son investissement dans l’ONG qu’elle a créée en 2017. « Fight for dignity », « se battre pour sa dignité » aide les femmes victimes de viols ou de violences à se reconstruire physiquement et mentalement par la pratique du karaté.
Laurence Fischer, expliquez-nous pourquoi vous vous êtes investie dans ce projet ?
Toute ma vie j’ai reçu beaucoup d’attention, de conseils de la part de mes entraîneurs, de mes coéquipiers d’entraînement. Ils m’ont permis de m’épanouir, de devenir quelqu’un de meilleur. Grâce à ces conseils, j’ai pu garder la tête sur les épaules et avancer sur le chemin des possibles…
D’où vous est venue l’idée de créer une ONG ?
Cette force que j’avais en moi, je me devais de la partager. Après ma carrière, je suis devenue marraine d’ONG œuvrant déjà sur le terrain. L’agence de l’éducation par le sport, Premier de cordée m’ont permis d’aller à la rencontre, au contact de femmes en très grande difficulté. Avec Play International, je suis parti plusieurs mois en Afghanistan, en 2005. Les Talibans venaient d’arriver au pouvoir. J’ai monté une mission en Afghanistan avec Play International. Je voulais partager mon expérience d’athlète auprès de la première équipe nationale de karaté pour les jeunes filles. Elles pratiquaient leur sport au péril de leur vie. Je les ai fait venir en France pour témoigner. À ce moment-là, j’ai pris conscience que la liberté des femmes avait un prix. Et surtout qu’elle n’était pas égale partout, dans notre monde.
Quelques années plus tard, j’ai eu la chance de croiser la route du docteur Denis Mukwege, gynécologue-obstétricien, directeur de l’hôpital Panzi de Bukavu, en RDC (République Démocratique du Congo). Il se bat contre le viol utilisé comme arme de guerre, et œuvre à la reconstruction des survivantes (Il est surnommé « Muganga » ou « l’homme qui répare les femmes »). Il venait alors tout juste de réchapper à une tentative d’assassinat, et obtiendra le Prix Nobel de la Paix (2018). Tout ce que j’ai vu m’a bouleversé. J’éprouvais un sentiment d’impuissance. Alors j’ai créé Fight for dignity… En France, parce qu’il n’y a pas qu’à l’étranger, dans les pays africains, que les femmes sont violentées…
Comment fonctionne votre ONG ?
Au départ, je prônais la pratique du self-défense, mais très vite après des échanges avec des experts, des psychologues, je me suis dit que combattre les troubles post-traumatiques par l’usage d’une pratique violente, ne faisait que faire resurgir la violence des faits subis. Alors nous avons mis en place une méthodologie, avec des séances de karaté adaptées au syndrome post-traumatique, qui aident le corps à se remettre en action, à le reconnecter au mental. Un protocole qui a permis de libérer la parole des femmes, leurs angoisses. Avec l’aide de l’université de Strasbourg, la méthodologie, les protocoles mis en pratique au Congo ont été retranscris en France.
Après sept ans d’existence, quel bilan vous dressez de vos activités ?
Nous travaillons aujourd’hui avec dix-neuf structures médicales, réparties sur toute la France, nous venons de signer un partenariat avec les Hôpitaux de Paris. Nous devons trouver les moyens de pérenniser, de développer notre action, pour qu’elle se poursuive et se développe. Il faut se battre. Tout le temps… Ce prix Merci le Sport est une reconnaissance pour tout ce que nous avons fait. Mais il reste tellement à faire !
Fight for Dignity https://www.fightfordignity.net/en/accueil-2-2/
Interview réalisée par Gilles Navarro, ancien grand reporter à l'Equipe , auteur et membre du Comité des valeurs de Merci le Sport