The rich text element allows you to create and format headings, paragraphs, blockquotes, images, and video all in one place instead of having to add and format them individually. Just double-click and easily create content.
A rich text element can be used with static or dynamic content. For static content, just drop it into any page and begin editing. For dynamic content, add a rich text field to any collection and then connect a rich text element to that field in the settings panel. Voila!
Headings, paragraphs, blockquotes, figures, images, and figure captions can all be styled after a class is added to the rich text element using the "When inside of" nested selector system.

le 5 mars
Le sport a basculé en quelques décennies d’un horizon d’amateurs passionnés à une industrie mondialisée où la performance, l’audience et l’argent pèsent beaucoup plus lourd, ce qui transforme profondément ses valeurs déclarées (effort, plaisir, fair-play) comme ses pratiques concrètes.
Dans l’après-guerre que raconte Vincent Duluc autour de la naissance de L’Équipe, le sport organisé reste marqué par l’amateurisme, le bénévolat associatif et une forte valorisation de l’effort et du « mérite » plus que du spectacle.
À partir des années 1980‑1990, la montée des droits TV, des sponsors et du marketing transforme le sport en marchandise : le club devient une marque, le supporter un consommateur, le sportif un professionnel soumis à des logiques de rentabilité.
L’obsession de la performance mesurée (records, statistiques, data) prend le pas sur la simple pratique pour le plaisir ou la sociabilité, ce qui nourrit le culte de la réussite individuelle et la starisation des athlètes.
L’argent, le statut social et le prestige deviennent des valeurs centrales du haut niveau, souvent en tension avec l’éthique sportive, la modestie ou le sens du collectif que revendique pourtant le discours officiel.
Le dopage change d’échelle avec la mondialisation économique du sport : offre pharmaceutique plus variée, circulation via Internet, enjeux financiers en hausse, pression à « être meilleur que soi-même » en permanence.
Le corps de l’athlète est de plus en plus instrumentalisé (préparation extrême, médicalisation, récupération optimisée), au point que le sport de haut niveau devient un « laboratoire de l’humain », loin des pratiques de loisirs ou éducatives.
En 80 ans, L’Équipe passe d’un quotidien de passionnés racontant exploits et défaites à un acteur qui structure l’agenda sportif, met en scène les crises (affaire Jacquet, luttes d’influence, dopage) et participe à la fabrication du « roman » héroïque du sport.
La mutation du journalisme sportif (plus d’images, de talk-shows, de réseaux sociaux) pousse à dramatiser, à polariser et à personnaliser, ce qui peut affaiblir certaines valeurs éducatives (respect de l’arbitre, nuance) au profit du clash et de l’émotion immédiate.
Ce qui résiste et ce qui reste à défendre
Dans le tissu associatif, scolaire et amateur, on retrouve encore fortement des valeurs d’inclusion, de lien social et d’émancipation par la pratique, même si ces espaces subissent la pression des modèles professionnels.
Le défi actuel est de réconcilier les valeurs proclamées (fair‑play, égalité, santé, mixité) avec un système économique et médiatique qui pousse souvent à l’excès, en redonnant du poids aux projets éducatifs, aux clubs de base et à une régulation plus exigeante des dérives (dopage, violences, discriminations).
(Illustration "Le Roman de l'Equipe Un siècle de journalisme"
Vincent Duluc - 21,50 euros - Éditions Stock - )