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le jeudi 27 août
Le football aime se présenter comme une fête populaire, un espace d’émotion partagée, de rivalité assumée mais maîtrisée. Pourtant, à chaque soirée qui dégénère, il rappelle une évidence dérangeante : quand la passion bascule dans la provocation et que la tension prend le pas sur le jeu, c’est le sport lui-même qui s’abîme.
OL–Fenerbahçe(1-2 Lyon éliminé de la Champions League) aura offert un triste rappel de cette dérive. Au-delà du résultat, ce sont les scènes de crispation, les gestes d’énervement, les invectives et l’escalade qui marquent les esprits. Notamment l'attitude de Mattéo Guendouzi. L'international français, qui compte 16 sélections avec les Bleus et est notamment passé par l'Olympique de Marseille entre 2021 et 2023, avait donné le ton avant même le coup d'envoi en adressant un doigt d'honneur en direction des supporters lyonnais pendant l'échauffement. Au coup de sifflet final, Guendouzi "en a remis une couche" en célébrant l'OM son ancien club avec des gestes allusifs au rappeur marseillais Jul.
On ne peut pas réduire ces débordements à un simple “fait de match”. Ils disent quelque chose de plus profond : la banalisation d’un climat où l’on accepte trop souvent que le football frôle l’affrontement. Le plus inquiétant, c’est l’habitude. À force de parler de “match à risques”, de “chaudron”, de “tension”, on finit par naturaliser l’excès.
Or rien n’est inéluctable. Les clubs, les joueurs, les encadrants, les instances et les supporters ont chacun une part de responsabilité. La ferveur n’excuse pas tout. La rivalité n’autorise pas l’humiliation. Et l’émotion n’absout jamais la violence.
Le football a besoin de passion, oui. Mais il a surtout besoin de limites claires, de pédagogie, de sanctions cohérentes et d’exemplarité. Sinon, il se condamne à confondre intensité et débordement, puissance et brutalité. Un grand match devrait laisser une trace sportive. Quand il laisse d’abord une trace de violence, c’est qu’il a déjà perdu une partie de son sens.
(avec le concours de RMC Sports)