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jeu. 8 oct. 06.30
La décision de la Fédération française de football de consacrer 1,5 million d’euros aux déplacements des clubs amateurs met en lumière une réalité trop souvent ignorée : pratiquer un sport ne coûte pas la même chose selon son lieu de résidence. Pour garantir un véritable droit au sport, les politiques publiques doivent désormais intégrer la géographie dans leurs critères de financement.
Et si, pour une fois, l’équité sportive ne consistait pas à distribuer les mêmes moyens à tous, mais à donner davantage à ceux qui cumulent les contraintes ?
L’annonce de la FFF de mettre en place des bons d’essence pour les clubs amateurs confrontés à la hausse du coût des déplacements est une réponse concrète à une difficulté bien réelle. Dans un village rural, une équipe peut parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour un entraînement ou un match. Dans une grande ville, le même déplacement peut s’effectuer à pied, à vélo ou en transports collectifs.
La distance devient ainsi une dépense supplémentaire pour les familles, mais aussi pour les associations : carburant, véhicules, temps des bénévoles, transport des jeunes et du matériel.
À niveau sportif comparable, les charges peuvent être radicalement différentes.
Pourquoi alors continuer à appliquer partout les mêmes critères de soutien ?
Il est temps d’assumer une véritable péréquation sportive territoriale. Les financements publics devraient davantage bénéficier aux communes rurales, aux quartiers dépourvus d’équipements, aux clubs isolés et aux territoires confrontés à des difficultés de recrutement d’éducateurs.
Cela suppose aussi d’agir sur la mobilité : « Pass mobilité sportive », soutien aux minibus associatifs, covoiturage organisé, mutualisation des véhicules et aides calculées en fonction des kilomètres parcourus pourraient constituer les outils d’une politique plus juste.
Mais l’urgence est également d’investir là où les équipements manquent. Aucun enfant ne devrait renoncer au sport parce que le gymnase, la piscine ou le stade le plus proche est à 20 ou 30 kilomètres.
Aux collectivités, à l’État et aux fédérations de prendre désormais cette réalité en compte dans leurs choix budgétaires. Cartographier les déserts sportifs, mesurer les distances, identifier les clubs les plus fragiles et moduler les aides en conséquence : voilà une politique qui permettrait de passer de l’égalité théorique à l’accès réel au sport.
Car le droit de pratiquer ne devrait pas dépendre du code postal. Donner davantage à ceux qui ont moins n’est pas un privilège : c’est une condition de la justice sportive.