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Bizutage sportif : quand le rite d’intégration devient une violence

Illustration Chat GPT

vendredi 18 septembre - 06:36

Bizutage sportif : quand le rite d’intégration devient une violence

L’histoire  montre que la frontière peut être franchie

De la chanson « bon enfant » aux violences physiques et sexuelles, plusieurs témoignages et affaires rappellent une réalité : dans le sport, l’intégration ne peut jamais justifier l’humiliation.

L’affaire du Pôle France de basket de l’INSEP,  qui vient d'être révélée, remet le sujet au premier plan.

"Nous ne transigerons jamais avec la sécurité et l’intégrité physique et morale de nos sportifs", affirme Fabien Canu, directeur général de l’INSEP. Après des faits présumés de bizutage au sein de l’internat du Pôle France de basket, dix sportifs mineurs ont été provisoirement écartés du site. Selon l’INSEP, des joueurs plus âgés auraient porté des coups à de plus jeunes. La Fédération française de basket a effectué un signalement au procureur de la République et proposé un accompagnement psychologique aux jeunes concernés.

Ces événements font écho à d’autres témoignages. « Jamais bizuté en 15 jours d’INSEP », rapporte ainsi Georges Genevois, ancien basketteur et international militaire, qui a fréquenté autrefois l’Institut.  « Un mauvais rebond du bizutage, une tradition apparemment difficile à effacer », résume Gilles Lazure, ancien journaliste sportif de télévision locale.

Le bizutage n’a jamais constitué une fatalité de la vie sportive. L’histoire du sport français montre pourtant combien la frontière peut être franchie. En 1991, l’athlète Catherine Moyon de Baecque a raconté le traumatisme d’un bizutage subi lors d’un stage de l’équipe de France d’athlétisme, devenu une affaire de violences sexuelles. L’affaire est depuis devenue emblématique du silence entourant certaines violences dans le sport.

En 1999, des élèves d’un pôle sport-études rugby de Toulouse avaient également dénoncé des pratiques humiliantes : nudité, épilation forcée, photos ou simulations sexuelles. Certains les présentaient alors comme une manière « d’endurcir les jeunes ».

À l’inverse, certains anciens joueurs évoquent des rites beaucoup plus symboliques, comme demander au nouveau de chanter devant le groupe, comme en équipe de France de foot. Une pratique qui peut créer du lien lorsqu’elle reste réellement volontaire et respectueuse.

Le message est clair : un collectif sportif peut accueillir, faire rire et transmettre ses codes sans imposer la peur, la contrainte ou l’humiliation.  À l’INSEP comme ailleurs, l’intégration ne peut être une épreuve d’écrasement !

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